jeudi, avril 05, 2007

 

Trois belles heures

...Trois belles heures d'hommage déjanté et débridé au cinéma d'exploitation des années 60-70 que seul le continent nord-américain verra dans leur entiéreté, j'aurais du bondir sur mon siège comme une fillette en plein rush de sucre.

Tout commença pourtant assez bien. Entrée dans la salle, attente impatiente, premiers frissons devant la fausse bande-annonce absolument hilarante de Machete. Lignes qui craquent la pellicule, son et images salies. Et le rire, inévitable devant ce pop-corn ultra beurré géant qu'est Grindhouse. Soupir de soulagement, l'expérience allait être là.

Débute Planet Terror, signé Robert Rodriguez et ses zombies pustulants et ses go-go dancers unijambistes. Du n'importe quoi fait avec une jouissance telle qu'elle en devient parfaitement communicative. Rodriguez retombe en adolescence, nous prenant par la main pour nous faire jublier avec lui de tous ces effets énormes. Satisfaction bête et première. Aucun recul critique à signaler, le plaisir est là.

Intermède de bandes-annonces (Edgar Wright, Eli Roth, Rob Zombie). Nicolas Cage en Fu Manchu. Je ricane toujours.

Arrive mon plat de résistance, ce que je voulais être mon petit moment de plaisir coupable, mon nounours à serrer dans mes souvenirs les soirs de pluie. Death Proof de Quentin Tarantino. Le film commence, je me cale dans mon fauteuil, prête comme jamais. Malaise. Quand est-ce que ce film commence? Des belles filles discutent de tout, de rien, surtout de rien sans que l'habituel frisson des papoteries tarantiniennes ne me saisisse. Kurt Russell est lui aussi bel et bien là, présence magnétique, en ancien cascadeur serial-killer. Il ne se passe toujours rien sauf d'interminables palabres. Et une mort. Saut dans le temps. D'autres filles, d'autres jacasseries. Kurt Russell est toujours là. Enfin, une poursuite en voiture. Soulignée au crayon rouge, la référence à Vanishing Point. Les filles sont belles et fortes.
Et d'un coup, la pensée me saisit: Tarantino ne joue pas le jeu! Il ne se laisse pas aller à ce plaisir nostalgico-toc que j'attendais. Il contrôle, mégalomane, pour mieux faire admirer sa connaissance encyclopédique du sous-genre de la série Z. Regardez mon beau faux-raccord. Regardez comme je sais bien faire comme si une bobine manquait. Regardez comme je manipule bien. Regardez moi, moi, moi. Et n'oubliez pas que je suis un auteur, que j'ai gagné une palme d'or. Regardez, admirez, béatifiez.
Dernières minutes du film en forme de rédemption. Enfin, cette jouissance pure, spontanée. Enfin Tarantino semble avoir abandonné l'idée de faire pour être. Avec ses personnages, avec ses paysages, avec son film.
Je sors du cinéma, quelques illusions en moins. Tarantino ou la fable de l'adorable gremlins qui, un jour, s'est pris pour une vache sacrée.

Comments:
Je me sens personnellement attaqué quand Tarantino joue un peu trop le jeu tarantineste. Faut dire que mon histoire d'amour avec lui remonte à 13 ans, alors qu'encore petit gamin je bavais pour la première fois devant Pulp Fiction. Je crois que c'est le lot des cinéastes qui deviennent adjectifs d'être jugés rapidement, que leur dernier film soit immédiatement mis en rapport avec leur filmographie complète. C'est peut-être que je souhaite simplement que Tarantino puisse être au niveau de Jackie Brown à chaque coup. La «révolution» Kill Bill ne m'a pas du tout impressionné. Bref je vais y être demain, première rangée, armé de popcorn, de syrop liquide groudron et de ma naïveté d'enfant qui redécouvre le cinéma.

Demain soir mes commentaires sur mon blog (publicité honteuse encore une fois).
 
Ah, la subjectivité! Au contraire d'Helen, j'ai trouvé le Rodriguez quasi-insupportable, répétitif, brouillon, trop plein de gags débiles... Quelques bons moments, Rose McGowan et la majorité des acteurs sont cool, mais un film que je ne tiens pas à revoir.

Tandis que je me vois déjà faire exprès pour arriver 1h30 en retard à une scéance pour n'attraper que les fausses bandes-annonces et le Tarantino, que j'ai trouvé tout simplement génial. Ça parle trop? C'EST UN FILM DE TARANTINO! Ses dialogues sont jouissifs, et j'ai adoré les actrices. Peut-être que la façon dont QT s'attarde sur leurs corps dérangera le public féminin, peut-être aussi qu'une fille n'en a rien à faire d'entendre des conversations de filles, mais j'étais pendu à leurs lèvres.

Et puis Kurt Russell est grandiose et les scènes de chars, j'en suis sûr, vont passer à l'histoire.
 
C'est pas parce que c'est Tarantino qu'il a le droit d'abuser comme ça de dialogues insignifiants. Et puis si ces insignifiances là marchaient quand elles étaient mises en contraste avec une vraie trame de film noir, solide et touffue, créaient un vrai discours.
Là, c'est pour beaucoup du remplissage....
Mais ok, Kurt Russell est parfait et la bataille finale à tomber le cul de sa chaise.
 
Déjà que je n'annulerais jamais une excitante partie de backgammon avec un enfant débile pour voir un Tarantino...

Imaginez si je m'empêcherai de faire la vaisselle si même Helen F. (la plusse fan aveugle du maître du cinéma insign) avance que le Tarantino est... décevant!

hihi je te coeur Helen
 
Hahahahahaha!
Ouh lalalala...
 
Merci du bon conseil Helen, vais attendre la sortie du Combo BBQ en DVD,(un soir de pluie) me déplacerai pas pour cela.

P.S. Jason, arrêtes ta pub, plus tu vas en faire, moins j'irai te voir.:)
 
Ton propos sur Tarantino est assez fort et je comprends ce que tu veux dire par là. Je crains justement une escalade dans ce fonctionnement. A force d'être adulé et encensé par la presse, il se prend pour Monsieur Cinéma. Malheureusement, le melon peut parfois conduire à l'emmerdement. Ca serait bien qu'il se lache de nouveau véritablement plutôt que de se la jouer tendance ou de vouloir en mettre plein la vue.
 
J'ai pas pu résister,avec le débat pour et contre je voulais voir.
Daccord avec toi Helen,Rodriguez et son film de zombies pustuleux est festif.Les fausses bandes-annonces sont très chouettes et l'atmosphère du Grindhouse seventies bien rendue.

J'ai trouvé le Tarantino foireux au max.Un grain de maïs qui a pas éclaté.Il se passe rien de rien dans ce film verbeux, insignifiant et vide au possible. Les deux seules choses qui sauvent ce quasi-navet sont la première séquence automobile de l'accident frontal et Kurt Russel.Chiche.

Et la poursuite finale, bien ordinaire comparée à celle de "Bullit" par exemple.
Perso c'est le vide et la prétention de Tarantino qui m'a jeté par terre.Rodriguez au moins ne se prend pas au sérieux avec un film autrement plus imaginatif.
 
Rodriguez qui ne se pas prend au sérieux dans le sens que son oeuvre cinématographique est une vraie blague? :)
 
C'est bien possible Jason ;)Rodriguez n'est pas Bergman on s'entend. Quand on va chez Valentine, faut pas s'attendre à y trouver des brochettes, et dans le cas Grindhouse la grosse farce platte, c'est "Dette Prouf" avec Tarantino qui se regarde filmer en se disant:"I'm so fuckin' good".

Rodriguez m'a fait une bonne poutine goûteuse et m'a amusé.
Tarantino m'a servi des Hot Dogs sans saucisses en me présentant cela comme de la haute gastronomie.
Eurk.Je l'aimais à ses débuts(Réservoirs,Pulp,Jackie)après j'ai décroché et signe ici son pire film à mon avis.
 
Publier un commentaire

Links to this post:

Créer un lien



<< Home

This page is powered by Blogger. Isn't yours?

Paperblog : Les meilleurs actualités issues des blogs