vendredi, février 05, 2010
À CRITIQUE, CRITIQUE ET DEMI
Paresse? Bêtise? Un peu de tout ça, forcément. Mais l'intéressant là-dedans est la réflexion qu'en tire Vadim Rizov sur le site de l'IFC, décidemment une des meilleures sources de fibres ces temps-ci, notant d'abord que Fischer n'est certainement ni le premier ni le dernier de ces auteurs "quote-whores", comme il les nomme joliment, mais surtout ensuite que les lecteurs ne sont non plus d'innocentes victimes dans l'affaire, ces lecteurs dont le degré d'exigence envers les critiques, s'approchant de zéro, permet justement ce genre de dérapage. Extrait:
"Normal people don't complain about hacky critics; they complain about "elitist" critics and the great grey myth of the especially snobbish one who says "If you don't like it, you don't get it" (something I've never actually seen in writing). Blame Fischer? Sure. Drum him out? Absolutely. (I work hard; I don't appreciate his transgression any more than the next guy.) But the problem isn't this guy: it's a system congested on every level -- blog, print, TV, what-have-you -- with criticism where what harried readers, studios and editors want is exactly the same: short, simple and stupid. He's not the illness: he's the symptom. That he prospered for so long (and he's far from the only one of his kind) is the real scandal."
Il ne faut pourtant probablement pas trop s'en faire. Lorsque ce qui semble être le rêve de plusieurs, soit réduire la critique à un nombre d'étoiles affiché crânement sur une publicité, sera atteint, la question ne se posera même plus.
jeudi, février 04, 2010
BON SUPER BOWL
Sport et cinéma: on ne compte plus les mariages heureuxPour rire et avec un talent certain, le site Slatev s'est imaginé ce que donnerait le Super Bowl mis en scène par Tarantino, Lynch, Anderson, Godard ou Herzog. Du bonbon à voir ici.
mardi, janvier 26, 2010
Cannes in Wonderland
C'est donc l'ami Tim Burton qui tiendra l'un des rôles les plus convoités de la planète cinéma du 12 au 23 mai prochains: président du jury du 63e Festival de Cannes. Une excellente nouvelle tant la personnalité de l'homme aux bobines d'argent semble insaisissable et fantasque. De quoi se régaler avec les prévisions, donc.Parlant de ça, Cannes ne serait pas Cannes sans la tonne de rumeurs et autres "oui, peut-être, ce serait quand même fou" qui le précèdent. Qui sera du jury? Qui fera l'ouverture? Qui sera en compétition? Impossible à savoir, évidemment, mais depuis quelques semaines, certains noms associés à des projets achevés ou en voie de l'être émergent en tout cas tranquillement, . Parmi eux, on parle déjà de:
Sofia Coppola et son Somewhere où Benicio del Toro jouera la star hollywoodienne en plein désarroi existentiel, sur la musique de Phoenix
Alejandro Gonzales Inarritu: deux amis d'enfance se retrouvent alors que l'un est devenu dealer, l'autre flic...Javier Bardem est de la partie de ce Biutiful dont la trame sent quand même le réchauffé
James Gray: révélé par Cannes, l'homme du néo-noir saura-t-il trouver sa place sur la croisette alors qu'il délaisse son genre fétiche pour suivre une expédition de recherche d'un colonel disparu dans les années 20 dans The Lost City of Z. L'adaptation du bouquin de David Grann et la présence de Brad Pitt pourraient aider.
Terrence Malick: les années 50, 3 garçons en apprentissage, Brad Pitt et Sean Penn: The Tree of Life a de quoi séduire. Mais on l'attend depuis si longtemps que les doutes sont permis
Paolo Sorrentino: Il Divo avait fait son petit effet. This Must be the Place, 1er essai de l'italien en anglais sur les déboires d'une rock-star (Sean Penn) en quête de l'assassin de son père pourrait aussi flasher
Anton Corbijn: The American, récit du dernier contrat d'un assassin (Clooney) sera-t-il aussi stylé que Control? A voir...
Abbas Kiarostami: un écrivain, une jeune femme française (Juliette Binoche), l'Italie: Copie conforme a ses atouts
Jean-Luc Godard: Socialisme, où Patti Smith vient faire de jolis tours, marquera-t-il le retour du seul vrai enfant terrible de la Croisette?
Jia Zhang-ke: l'un des cinéastes les plus brillants du moment viendra-t-il faire son tour solo avec The Age of Tattoo ou avec ses camarades du film collectif Moving the Arts (Atom Egoyan, Hal Hartley, Laetitia Masson...)
Abdellatif Kechiche: sa Vénus noire est en tout cas un des films français les plus attendus de l'année. Et voir un film de Kechiche en compétition cannoise serait non seulement une première, mais une première amplement méritée
Sylvain Chomet: une animation hommage à Tati, sur un scénario dudit grand homme, L'Illusionniste promet beaucoup beaucoup
Lynne Ramsay: l'écossaise auteure de Morvern Callar saura-t-elle se tirer avec les honneurs de cette histoire de mère (Tilda Swinton) d'un élève coupable d'une fusillade dans une école dans We Need to Talk about Kevin?
Ken Loach: voir le grand cinéaste et son scénariste Paul Laverty se plonger dans le bourbier irakien dans The Route Irish intrigue pour le moins. Une nouvelle palme d'or en vue?
Aleksandr Sokurov: le cinéaste revisite le mythe de Faust: attention, gros morceau
Béla Tarr: à moins de déception majeure, l'hongrois et son Cheval de Turin devrait sûrement être de la fête.
vendredi, janvier 15, 2010
LE COMBAT DU SIÈCLE
À lire et à méditer.
Un extrait:
"This matter is all the more important at this moment as we all suffer the aftershocks of the disaster known as Avatar, which is being defended by notable film critics as not just the return of, but the redemption of, "spectacle" cinema. I will not dispute the level of spectacle in Avatar. And I am nostalgic enough about the engineering of prolonged battle scenes to concede that James Cameron has not lost the touch with armed struggle that he displayed in Aliens and the Terminator films. But Avatar is garbage, too, and that can only be pinpointed by stressing its abject subject matter and its inability to see that the most spectacular thing the movies ever had to offer (see Renoir, Ophüls, Ozu, Bresson … well, just keep seeing) is the human face as its mind alters or saddens.
You may say, don't be so solemn, don't pose the history of the movies as that blunt choice – Ozu or Avatar – when clearly there is room for so much more. But I think the cultural dilemma is as acute as this awkward choice suggests, and I fear that a culture – especially a culture of the young – will forget the existence of Ozu, and those whose films were always the fullest engagement of movies with this awkward but irresistible subject matter."
lundi, janvier 11, 2010
AU REVOIR, MONSIEUR ROHMER
Parce que, dans son cinéma, il y avait des femmes, mais pas que...Et surtout, parce que, dans son cinéma, il y avait ces dialogues aussi écrits que naturels.
On écoute avec plaisir Jean-Louis Trintignant évoquer la méthode de travail de M. Rohmer, ici.
On écoute avec encore plus de plaisir le cher homme commenter son travail ici.
Et on maudit ce début d'année d'une tristesse accablante.
LE PROJET DU DÉBUT D'ANNÉE
Grâce à l'excellente publication Stockholm News, sur laquelle un ami d'ATC a attiré notre attention (merci), et à laquelle nous songeons très sérieusement à nous abonner maintenant, on en apprenait un peu plus sur l'un des projets les plus surprenants, si ce n'est excitants, de ce début d'annéeHenning Mankell, grand auteur de polars existentiels et ciselés devant l'éternel, immense papa du glacial Kurt Wallander, a en effet annoncé qu'il allait s'atteler à l'écriture du script d'une des émissions les plus ambitieuses jamais entreprise par la télévision publique suédoise: un drame en 4 parties sur la vie d'Ingmar Bergman! Son angle? "Le prix à payer lorsqu'on est obsédé par la création"...
Mankell-Bergman? 2 piliers de la culture suédoise. 2 observateurs sans pitié de la nature humaine. Mais avouez qu'on n'a peut-être jamais vu couple plus mal assorti, et du coup plus intriguant! À noter, Mankell ne débarquera pas tout nu dans la vie du grand homme, puisqu'il partage déjà ses jours et ses nuits avec Eva, fille dudit Bergman. C'est donc sur feu beau-papa qu'il posera son regard acéré.
Comment on fait, déjà, pour s'abonner à la télé suédoise?
samedi, janvier 09, 2010
TROP DIVERTISSANT?
Alors qu'Un prophète continue tranquillement son petit bonhomme de chemin à travers la planète et s'enligne tranquillement pour remporter en mars prochain le petit chauve doré du meilleur film étranger (désolée, Xavier Dolan), partout fleurissent également les hommages à son réalisateur-dandy, Jacques Audiard. Parmi eux, cet article de David Thomson dans The Guardian qui rend un vibrant et plus que mérité hommage au metteur en scène de Regarde les hommes tomber, Un héros très discret, Sur mes lèvres et De battre mon coeur s'est arrêté. Jusqu'ici, comme disait l'autre, tout va bien.Mais l'article soulève une question étrange: tout admirable qu'il est, le cinéma d'Audiard ne serait-il pas trop divertissant? D'ailleurs, ne serait-ce pas pour cette raison qu'il n'a gagné "que" le grand prix du jury et pas la palme d'or l'année dernière, remise à un film dont personne ne pouvait douter du sérieux? Son cinéma ne serait-il pas trop émouvant, trop scénaristiquement maîtrisé, trop tourné vers le plaisir de son spectateur?
Mais qu'en voilà de drôles d'interrogations! Car admettons que ce cinéma le soit (et il l'est en bonne partie), qu'est-ce que ça lui enlèverait au juste? En quoi le vernis divertissant empêcherait de voir dans ces films les plus beaux portraits d'hommes qu'il ait été donné de voir au cinéma lors des 15 dernières années? En quoi la maîtrise du scénario en fonction des effets sur ses spectateurs empêcherait la profondeur du récit, sa complexité ou encore le sens donné par la pure mise en scène? Pourquoi ses films perdraient-ils en valeur parce qu'ils ne sont pas secs comme des vieux pruneaux?
Quand Melville réussissait l'incroyable amalgame film populaire - film noir d'auteur, personne n'aurait songé à lui reprocher son succès public ou à douter de la richesse artistique de ses films. Pourquoi faudrait-il qu'il en soit autrement aujourd'hui?
vendredi, janvier 08, 2010
Encore un p'tit verre de vino, Mariah?
Ça promet pour la soirée des oscars...