lundi, mars 10, 2008

 

J'avais envie de ne pas en parler


...et puis, cette soirée des Jutra a fini par avoir le dessus sur mon envie de la laisser dans les limbes. Rarement vu quelque chose d'aussi raté. Peut-être même la pire soirée de gala jamais vue. Je ne sais pas ce qui me reste le plus en tête. Cette animation de mononcle sans imagination, ce duo Cirque du soleil par la fistonne Brathwaite, ce décor de salle paroissiale, ces chansons pisse-petit, ces bonnes blagues de Patou Huard....? Ou peut-être carrément cette "bourse" insultante de 5000 piasses à Jean-Claude Labrecque (un sachet de pinottes aurait aussi fait l'affaire)?
Beurk, rebeurk et re-rebeurk.

Malgré tout, l'ami Lafleur et ses trophées, le pipi de Bernard Émond, la colère de Luc Déry contre la C-10. Ouf.

Comments:
Bien d'accord avec toi. J'ai passé la soirée à ne pas comprendre comment des artistes du cinéma pouvaient accoucher d'un spectacle aussi inintéressant. C'était tout simplement pathétique.

Comme tu dis, heureusement qu'il y avait les gagnants pour nous faire sourire un peu et bravo encore à tout les gagnants, surtout la gang de Continental!!!
 
Bien d'accord, toujours aussi insipide comme show. Une petite touche de grâce, le mot de Guylaine sur le fait que les cinémas Guzzo n'ont pas voulu présenter le film de Bernard Émond. Je parie qu'il n'a pas fait que pipi...
 
suis-je le seul à ne pas avoir aimé CONTINENTAL ?

Je n'ai rien contre le fait qu'il gagne le prix du meilleur film vu ses opposants, mais reste qu'il m'a énormément déplu.

Je n'ai pas visionné le gala, quelle est donc cette histoire de pipi ?
 
Cette histoire de pipi dégénère....C'est en fait que pendant les remerciements de G. Tremblay, Émond était parti faire pipi et qu'il est revenu dans la salle en plein milieu de son speech en faisant des p'tites faces cutes gênées.

Pour Continental, tu es loin d'être seul. Plusieurs ont été déçu. Mais il y a au moins un regard, une personnalité.
 
J'abonde tout à fait dans ton sens. C'en était gênant.
 
Dans un gala, quand à peu près 5 films se retrouvent en nomination dans 10 catégories, je trouve ça toujours moche, même aux Oscars. Surtout quand on parle des 3 Ptits cochons...

Sinon le studio 42 de RC, quel mauvais choix. Ça installait un malaise dès le début. Les gens étaient obligés de se retourner sur leur divan pour voir Brathwaite...

Quant à l'animation et au concept, nos scénaristes étaient-ils aussi en grève les derniers mois?

En regardant les autres en nomination, Continental était quand même un très bon prix de consolation dans la plupart des catégories.

Et je vous rappelle que Camping sauvage avait obtenu le Billet d'Or en 2004. On les aime nos Jutra.
 
Ah oui, j'oubliais. Quelqu'un a vu le court métrage gagnant de Simon Galiero, Notre prison est un royaume? C'est bon?
 
Bien daccord, Helen et les amis.
Mais moi j'ai trouvé ça très réussi le décor de salle-bingo cheapo pour un dixième anniversaire."En direct de Brossard avec Brathwaite et cie".
Claude Jutra a dû s'en retourner d'émotion.

C'est quand même un comble de l'ironie d'entendre un producteur-(Luc Déry au demeurant sympa et peut-être honnête, je l'connais pas)-décrier un projet de loi favorisant la censure! (Le Jutra du meilleur film et c'est pas foutu de donner la parole au réalisateur)

Ça lui fait une belle jambe en tout cas; tous les cinéastes en herbe se l'arracheront et il pourra ensuite les censurer à loisir: "Très cher cinéaste que je produis, je te censure à raison, car j'ai dénoncé le projet de loi C-10."
Your check is in the mail Luc...
Peut-être que j'exagère...
Ché pas, mais ya comme une contradiction hallucinogène dans cette affaire...À quel point le problème du droit d'auteur est profond et incrusté dans nos moeurs depuis des décennies.
(Gros soupir)

La seule qui s'est tenue debout à mes yeux c'est Guylaine Tremblay, en rivant le clou des Guzzo.
Et Luc Déry, s'il était vraiment sincère.
 
@Antoine: Je vois beaucoup de courts métrages et j'avais vu tous les courts en nomination sauf celui qui a gagné. Peut-être est-ce un chef d'œuvre qui est passé sous silence, à ce que j'ai vu il n'aurait été sélectionné aux FNC et aux RVCQ. Personnellement, j'aurais favorisé et de loin Dust Bowl Ha! Ha!, un des meilleurs courts métrages que j'ai eu la chance de voir.

J'aimerais bien savoir qui vote aux Jutra pour le meilleur court métrage, je déplore aussi l'absence de Code 13 de Mathieu Denis qui aurait amplement mérité sa place parmi les nominés.

Ah puis pour finir, si les Jutra en plus d'avoir été d'une platitude extrême ont également terminé un bon 10 minutes plus tôt... Ça aurait permis de prendre le temps de remettre le prix du meilleur court métrage en ondes! Si c'est bon pour l'animation, ce l'est aussi pour la fiction.
 
Mais, mais... pas de chance.

Pour la remise du prix en ondes, ce n'est pas Simon Galiero qui s'en plaignait, il a dit au Voir (Kevin Laforest):

«En ce qui concerne le fait que ma remise de prix se soit faite "hors d'ondes", je sais que ça en agace quelques-uns qui trouvent que c'est un manque de considération pour le court métrage, mais moi à vrai dire ça fait bien mon affaire. Je ne suis pas une rock star, je n'ai pas envie d'être sous les projecteurs, alors si on avait pu me remettre cette récompense dans l'obscurité de mon garde-robe j'aurais été encore plus content.»
 
Ah tiens on parle ici de "Notre prison..." autrement que dans un communiqué de presse...

missmckenzie: d'après ce que je sais, le processus de sélection des Jutras se fait dans un premier temps par l'équipe des RVCQ qui détermine les 4 nominés et ensuite par 7-8 d'associations professionnelles (réals, prods, techniciens, etc.) qui nomment un petit jury et au final les votes de chacune s'accumulent. C'est ce qu'on m'a dit.

J'ai bien aimé aussi "Dust bowl..." dont le frame ressemble d'ailleurs beaucoup au "Voleur de bicyclette". En fan de De Sica je n'ai pu qu'adhérer. Je me sens assez proche des préoccupations de Pilote, à quelques virgules près. Autrement si tu n'as pas vu mon film c'est probablement parce que je suis loin d'avoir eu une aussi grosse machine de promotion que "Dust Bowl...", ayant choisi jusqu'à récemment de ne pas approcher de distributeur et ayant limité mes soumissions à seulement quelques festivals (par exemple je n'ai pas soumis à "Regards sur la relève au Saguenay"). Cependant il y a eu déjà trois projections depuis l'automne à Montréal et à chaque fois j'ai tenté d'envoyer cette info à plusieurs gens du milieu mais personne n'en a fait la publicité. Ceci étant par ailleurs le lot de la plupart des courts.


Antoine: je persiste et signe en ce qui concerne mes propos sur le "Hors d'ondes". Ultimement, je crois qu'il serait préférable qu'il soit présenté en ondes ou alors avec ne serait-ce que quelques extraits du film plutôt qu'une entrevue formatée. Ceci dit je crois que peu de gens ont de leçons à donner aux Jutras en ce qui concerne la mise en lumière des courts métrages, car personnellement je n'ai lu que très peu de choses sur les films en tant que tel et ça fait très longtemps que ça dure notamment sur le net. Il y a notamment beaucoup d'adeptes du "court métrage" comme notion perpétuellement louable mais rarement parle-t-on spécifiquement des objets (je vise ici notamment des chroniqueurs et des bloggeurs qui s'affichent comme des "passeurs" du court métrage). C'est comme dire sans arrêt "j'aime la musique", "allez voir de la musique", "la musique c'est cool"... Bon, ok, mais à part ça tu manges quoi au déjeuner? Je crois quand même à un certain rapport critique aux oeuvres, et qu'on les aime ou non pour moi cela est forcément positif dans la mesure où l'on considère le travail des auteurs dans leur individualité et non pas les plonger dans un brouillard d'indifférenciation. Le côté "happening festif" du court métrage qui est maintenant monnaie courante m'emmerde profondément; je veux qu'on me parle de titres, de réalisateurs et du contenu de leur travail (une idée ici pour un site de revue critique des courts?). Et puis je n'ai pas besoin de me tenir dans un club social organisé avec des animateurs de Club Med pour me faire des amis... Tant mieux si ça plaît à des gens mais c'est pas mon truc ni le type de rapport que je désire entretenir avec le cinéma. Pour en revenir et conclure sur le "hors d'ondes" et les Jutras, je pense ainsi qu'on pourrait aller cogner à bien d'autres portes avant celle-ci. Si on est vraiment rigoureux, on commence par viser là où c'est difficile et non pas là où c'est facile.

En terminant, lors du gala on m'a refilé une compile DVD qui contenait des dizaines de courts québécois de la dernière année (sauf le mien! :): je ne les ai pas encore tous vus mais pour l'instant le seul qui m'a grandement plu est "Maïté". Pourtant je ne comptais vraiment pas encore parmi les fans de l'auteur (initiales: DC... ne le dites à personne) mais celui-là est vraiment excellent, simple, beau, juste, maîtrisé et évitant soigneusement toute forme de kitsch. Un très bel objet sur lequel il vaudrait la peine de s'attarder et je n'ai pas vu énormément de courts mais c'est certainement un des meilleurs que j'ai vu depuis longtemps. Tiens, je l'aurais nominé celui-là...


SG
 
SG (on va respecter le demi anonymat), tu poses un problème intéressant.

Lorsqu'un journaliste couvre un festival comme les RVCQ ou REGARD, d'une part il n'a que rarement le temps de voir ne serait-ce que 10 ou 20 films sur 100 ou 200 avant le festival, d'autre part, une fois qu'il les a vus, qu'est-ce que ça lui donne de balancer un paquet de critiques sur un tas de courts métrages qui pourront être vus... où?

Le problème c'est toujours la diffusion. Même si je lis une superbe critique sur le film X, ma question qui suit immédiatement est «où puis-je le voir?». Nul part. Donc, pour le journaliste comme pour le lecteur, le domaine du court reste la plupart du temps un foutoir inorganisé. Pas de DVD, pas de télé, pas de cinéma. Seulement des apparitions furtives et aléatoires dans des programmations surchargées de festivals.

À la limite, pour l'instant, il n'y aurait qu'un média hyperspécialisé et désintéressé (donc non lié à la pub) qui pourrait se le permettre.
 
SG est plus qu'un anonymat, c'est la manifestation d'une secte sous forme d'initiales. Merci de prêter attention à des choses importantes, j'espère que tes camarades remarqueront ta vivacité d'esprit.

Au sujet du sujet:les projections de courts métrages dans des festivals sont le plus souvent annoncées à l'avance, ce qui laisse le temps aux journalistes et autres bonnes âmes de se les procurer et d'en parler avant les événements et d'y inviter ou pas le public. Si je ne me trompe pas. Par ailleurs comme je l'ai spécifié je parlais notamment du Net, qui pullule d'espaces non publicitaires. Je trouve que ton commentaire élude un peu la question... En plus quand bien même on s'intéresserait uniquement aux idées d'un (une) jeune réalisateur sans forcément toujours avoir accès aux courts, il me semble que c'est toujours mieux que du babillage et des inepties. Ou alors on mélange, on balance au moins un peu les deux.

Non?


SG
 
Je n'élude pas le sujet, libre à qui que ce soit de prendre son temps personnel pour couvrir un ou des festivals et le temps d'écrire des critiques cohérentes (et ce n'est pas parce que c'est un court que c'est moins long à mijoter) sur des courts qui ne seront pas ou peu diffusés. Mais ça restera dans l'ombre, y a-t-il un seul site web personnel qui approche ne serait-ce la cheville d'un média comme La Presse? Le web fait très bien vivre l'underground, mais il rassemble difficilement les masses.

Ce n'est pas compliqué, j'essaie de dire qu'il sera difficile de créer un espace rassembleur autour du court si la diffusion de l'objet lui-même est presque inexistante.
 
Je suis d'accord avec toi Antoine, c'est sûr que ça implique des difficultés même si à mon avis c'est tout à fait faisable ne serait que ponctuellement. Un site dédié au cinéma peut le faire au moins de temps en temps, il me semble juste que c'est trop rare. Ceci dit mon point de départ était surtout la critique autour du "hors d'ondes" qui m'a tout de suite fait penser à cette phrase que nous connaissons tous: "Nous vous demandez pas ce que le court peut faire pour vous, mais plutôt ce que vous pouvez faire pour le court". Si j'ose dire, en quelque sorte. Je trouvais simplement la cible un peu facile venant de la part de gens qui disent promouvoir le court en permanence mais qui semblent incapables de parler concrètement des films et de nous inviter à les voir autrement que par des formules "hype".(je ne parle pas de votre gang ici, je ne connais pas encore très bien le site d'Helen) Par exemple, je parlais de "Maïté": j'ai souvent lu ou entendu le titre dans les derniers mois mais personne ne m'avait dit que c'était bon et pourquoi c'était bon. Dans l'océan de commentaires sur le cinéma et le court métrage qu'il y a sur le Net, ça me déçoit un peu qu'il n'y ait qu'une rapport superficiel à ces objets. Évidemment il en va aussi de ma curiosité de spectateur d'aller voir des programmes et de découvrir des choses par moi-même, mais ceci n'empêche pas cela et c'est bien aussi de voir placées des oeuvres dignes d'intérêt dans un discours publique critique un tant soit peu étoffé. Mais je crois qu'on est d'accord là-dessus... Ceci dit je ne parlais pas forcément de "ma" situation, ça on s'en fout et j'ai quand même été assez gâté.
 
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