lundi, février 26, 2007

 

Le lundi, c'est ravioli

Mais c'est aussi la journée des prix! Étrange phénomène tout de même que celui des cérémonies de remise de prix. Qu'on l'avoue ou non, c'est en général avec un plaisir fou que l'on reste patiemment assis pendant plus de 4 heures devant notre tivi pour le bête et simple plaisir de pouvoir dire le lendemain, "piiiiiis, as-tu regardé les oscars, toi?". On a quand même parfois de drôles d'occupations....

Bref, c'est maintenant le moment de mettre à profit ces heures d'inactivités pour se payer un petit retour sur les Oscars et surtout sur le gros ouf de soulagement qu’a enfin du pousser notre cher Martin Scorsese. En vrac, quelques observations plus ou moins pertinentes.

-Malgré la Scorsese-mania, le grand gagnant de la soirée a peut-être vraiment été Al Gore. Malheureusement, si on nous a dit que les oscars étaient devenus verst, on n’aura jamais su exactement comment.

-Peter O’Toole est un grand monsieur, il mérite tout notre respect, c’est évident, mais il ressemblait à The Mummy.

-L'hilarante petite chanson de Jack Blake, Will Ferrell et John C. Reilly a plus fait pour le cinéma de divertissement que toutes les jérémiades sur maiiiiiis, pourquoi ce film qui a tant plu aux braves gens n'a rien gagné, alors que le public c'est sacré, et gnagnagna et gnagnagni

-M. Gustavo Santaolalla a gagné l’oscar de la meilleure musique originale pour Babel. Avec un nom pareil, il aurait été injuste qu'il ne gagne rien.

-Daniel Craig a eu tout le long de sa présentaiton une face de tueur du KGB un peu ridicule

-L'ONF a gagné son 12ème oscar avec le court d'animation The Danish Poet de Torill Kove. Rien à dire, c'est impressionnant.

-Leonardo Di Caprio ne devrait pas mettre autant de gel. On dirait un gigolo et tout le monde voit bien qu’il commence à perdre ses cheveux

-Entre deux pubs, je suis tombée sur un moment de Tout le monde en parle qui annonçait la présence à venir de Paul Ahmarani avec cette catch phrase : « faire un discours de remerciements, c’est beaucoup trop de pression ». No comment.

-Alejandro González Iñárritu a l’air d’un poète maudit avec sa chevelure ondoyante et son écharpe au vent et Guillermo Del Toro d'un bon gros nounours dont on aurait envie qu'il vienne nous raconter des histoires chaque soir.

-Les remerciements mitraillettes de Scorsese ressemblaient à du Woody Allen. C’était drôle.

-Florian Henckel von Donnersmarck a laissé exploser une belle joie bien pure quand il a gagné l'oscar du meilleur film étranger. Et quand Thelma Schoonmaker a gagné son prix du meilleur montage, dans la salle, les plus beaux sourcils du cinéma américain se sont soulevés, puis on a bien vu les yeux de Martin Scorsese s'embuer. C’était beau, émouvant et sincère et c'est probablement pour ce genre de moments qu'on aime ces cérémonies.


Côté hexagonal maintenant avec les Césars: Lady Chatterley (toujours inédit ici, mais ça ne saurait tarder) a tout raflé! Une excellente nouvelle pour le cinéma qu'on dit "difficile", "pointu" ou je ne sais quel adjectif encore qui n'a pour seul mérite que de faire fuir les spectateurs à toute jambes.
Bref, tout ça pour dire que la réalisatrice en recevant l'un de ses 5 Césars, et non le moindre, celui de meilleur film, s'est fendue d'un discours pas piqué des vers. Voyez plutôt
"En assimilant les films à vocation artistique aux films pauvres et les films de divertissement aux films riches, en cloisonnant les deux catégories, en rendant quasi impossible pour un cinéaste d’aujourd’hui le passage d’une catégorie à une autre, le système actuel trahit l’héritage des plus grands cinéastes français. Et leur volonté acharnée de ne jamais dissocier création cinématographique, point de vue personnel et adresse au plus grand nombre. Ce faisant, il défait, maille après maille, le goût des spectateurs; alors même que, pendant des décennies, le public français était considéré comme le plus curieux, le plus exigeant, le plus cinéphile du monde.

Ici comme ailleurs, la violence économique commence par tirer vers le bas le goût du public puis cherche à nous opposer. Elle n’est pas loin d’y arriver.
Les deux systèmes de solidarité - entre les films eux-mêmes et entre ceux qui les font -, ces deux systèmes qui faisaient tenir ensemble le cinéma français sont au bord de la rupture.

Alors peut-être est-il temps de nous réveiller.
Peut-être est-il temps de nous dire que notre amour individuel pour le cinéma, aussi puissant soit-il, n’y suffira pas.
Peut-être est-il temps de se battre, très méthodiquement nous aussi, pour refonder des systèmes de solidarité mis à mal et restaurer les conditions de production et de distribution de films qui, tout en donnant à voir la complexité du monde, allient ambition artistique et plaisir du spectacle."

Le reste

Enfin, last but not least, c'est aussi ce dimanche que les Rendez-Vous du Cinéma Québécois remettaient leurs prix:

*PRIX PIERRE ET YOLANDE PERRAULT DU MEILLEUR ESPOIR DOCUMENTAIRE
Migration amoureuse, d'Annie Saint-Pierre
Mention spéciale à Irène au coeur de lion, de Josephine Mackay

*LE PRIX À LA CRÉATION ARTISTIQUE DU CONSEIL DES ARTS ET DES LETTRES DU QUÉBEC POUR LA MEILLEURE OUVRE D'ART ET D'EXPÉRIMENTATION
Actions (9), de Manon Labrecque et Martin Tétrault

*LE PRIX OFQJ / RENDEZ-VOUS POUR LA MEILLEURE OUVRE ÉTUDIANTE
A Troublesome Desire, d'Anna Sikorski

*LE PRIX ANNUEL DE LA FONDATION ALEX ET RUTH DWORKIN POUR LA PROMOTION DE LA TOLÉRANCE À TRAVERS LE CINÉMA
Notre Père, de Marie-Julie Dallaire

*PRIX DE L'ASSOCIATION QUÉBÉCOISE DES CRITIQUES DE CINÉMA
Prix AQCC/ Meilleur court et moyen métrage de fiction
Terreur au 3918, de Mathieu Fontaine
Mention spéciale à Screen Test : Karen Elkin, de Mathieu Grondin

Prix AQCC/ Meilleur court et moyen métrage documentaire
Portrait de dame par un groupe, de Bashir Bensaddek
Mention spéciale à Caporal Mark, de Danic Champoux

Prix AQCC/ Meilleur long métrage québécois 2006
Congorama, de Philippe Falardeau

J'allais en oublier un qui me fait pourtant tout particulièrement plaisir:

*LE PRIX DU PUBLIC COUP DE COUR SUPER ÉCRAN
Congorama, de Philippe Falardeau, et Le cèdre penché, de Rafaël Ouellet

Raf, la nombreuse et fourmillante équipe d'Arrête ton cinéma en a presque pleuré d'émotion et de fierté. Toutes nos félicitations!

Comments:
Le mercredi, c'est les "Ouvres d'art" :)
 
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