vendredi, février 16, 2007

 

Dégueulasse!

C'est le titre de l'édito de Jean-Michel Frodon dans l'édition à paraître des Cahiers du Cinéma, consacrée au nouveau bébé fou de David Lynch, Inland Empire (qui, un jour, finira bien par se frayer un chemin jusqu'à un écran québécois, j'espère).

Dégueulasse donc. Mais pourquoi diable si le poli M. Frodon sort ainsi son vocable de poissonier du dimanche? Et bien, c'est que tout simplement le brave homme n'en peut plus de la sempiternelle distinction entre l'art et le cochon, entre les vélléités créatrices et la vente de produits. L'objet de son courroux: l'appelation "films de festivals" qui traîne désormais dans les circuits de financement du cinéma français servant d'atroce excuse à ceux qui n'ont d'autres ambitions que celle de faire tourner la machine à dollars.

Extrait:
"Cette expression, « films de festival » est fausse, elle est injuste, elle est dégueulasse. Elle tend à marginaliser, et finalement à détruire les films - et aussi les festivals. Elle est insultante pour ceux qui font ces festivals et qui y assistent,comme pour ceux qui font ces films ou qui tentent d’aider à leur circulation. Ces gens là, voyez vous, ne seraient pas « des vrais gens », des êtres humains comme les autres, mais une espèce de caste un peu malade, qui pervertirait le « vrai cinéma » (en français facile : les films du marché). C’est l’idéologie rance de la France d’en bas, naturel allié de l’ultralibéralisme, celle qui veut aujourd’hui éradiquer de la vie du cinéma par exemple Pedro Costa, toujours interdit d’accès aux grands écrans, et qui aurait, dans la même logique, assassiné naguère sans état d’âme les oeuvres de Jean Vigo ou Luis Buñuel."

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