samedi, novembre 18, 2006

 

Little Children

Madame Bovary, c’est elle.
La belle et lisse banlieue s’en prend encore une fois plein les dents. Et on aime ça.


Son premier film, In The Bedroom, était troublant mais mineur. Son second, Little Children, est tout simplement brillant et vient de faire passer, d’un coup, l’ancien acteur devenu réalisateur Todd Field, dans les ligues majeures.

Adapté d’un roman de Tom Peretta (déjà auteur d’Election, adapté, lui, par Alexander Payne, un des autres joyeux lurons du cinéma américain), Little Children est en effet de ces films rares, qui surgissent parfois, pour mieux déboussoler nos habitudes.

Film sur le jugement, mais sans jugement, l'oeuvre s’attaque alors, à mi-chemin entre satire grinçante et observation mélancolique des rêves envolés, à cette bonne vieille banlieue. Celle dans laquelle les uniformes mentaux sont légion. Celle qui aplanit l’existence. Celle où l’on ne se sent plus vivre. Jusqu’à ce que.

Jusqu’à ce qu’une Mme Bovary moderne (absolument parfaite Kate Winslet) s’amourache d’un fringant beau blond marié et papa à temps plein (crédible Patrick Wilson). Et débute alors l’adultère le plus sensuel que nos écrans aient abrité ces dernières années. Un maillot de bain rouge, une laveuse, de la chair et voilà qu’enfin, le cinéma américain semble perdre de cette bête pudeur qui l’empêche de savoir filmer le sexe.

Mais s’il ne s’en fallait que de ça, Little Children resterait probablement dans la cour d’école. Non. Sa banlieue est également secouée par le retour d’un pédophile sortant de prison et revenant vivre chez maman. Un retour qui laisse éclater au grand jour les pires instincts des beaux voisins. Un retour qui permet aussi à Todd Field de signer, grâce à une voiture et à un acteur intense au physique en lame de couteau (Jackie Earle Haley) une des scènes les plus profondément dérangeantes récemment vues.

À travers cette chorale de personnages complexes et ambigus, et d’autres grands enfants s’ébrouant avec eux (une voisine, notamment, hilarante de bêtise), Field secoue alors le cocotier de la middle class et de ses a priori dangereux pour nous tendre le plus méchant des miroirs. Frustrations, peurs, rancunes, préjugés (le meilleur : la maternité vous rendra pleine et entière, mesdames) explosent ainsi au grand jour dans une mise en scène digne du plus grand sitcom, aussi sucrée qu’ensoleillée, aussi en contrepoint que le jour et la nuit, aussi intelligente que maîtrisée. Les dents grincent, mais l’on en ressort juste assez mal à l’aise pour ne plus voir la vie tout à fait comme avant. Et quand le cinéma fait ça, on applaudit.

Comments:
Très bon film en effet...Dommage qu'un média influant comme "La Presse" a publié ce samedi une critique baclée (et négative). Mais est-ce si étonnant?
 
Little Children est un film maîtrisé offrant de nombreuses séquences intéressantes. En effet, la fausse pudeur américaine semble enfin s'envoler petit à petit et les scènes torrides entre les deux amants sont vraiment très bien filmés. Quant au personnage de Jacky Earle Haley est terriblement dérangeant, on éprouve pour lui parfois de la compassion mais il évoque aussi également une certaine répulsion dans son attitude, son physique et son comportement (deux scènes assez perturbantes dans la voiture et dans le parc sur la fin)
Un film vraiment bien senti, d'une grande qualité visuelle et d'excellents interprètes, Kate Winslet étant encore au grand niveau.
 
Publier un commentaire

Links to this post:

Créer un lien



<< Home

This page is powered by Blogger. Isn't yours?

Paperblog : Les meilleurs actualités issues des blogs