mercredi, mai 17, 2006

 

Poseidon

Oui, je sais, il mouille et c'est déprimant. Mais pas autant que Poseidon...

Et glou et glou et glou
En une heure et demi, Poseidon nous fait toucher le fond du fond.

Et dire que l’on pensait, naïvement, que des films comme ça, on n’en faisait plus. Que des scénarios aussi peu étoffés, on avait laissé ça au vestiaire. Que des acteurs en telles roues libres, ça ne se voyait presque plus. Que des effets spéciaux aussi abondants et insignifiants, c’était maintenant réservé aux jeux vidéos de deuxième zone.
Qu’on se trompait ! Wolfgang Petersen, visiblement obnubilé par l’idée de nous faire oublier qu’un jour, il réalisa un terrifiant Das Boot, ressuscite la série B en offrant son remake de The Poseidon Adventure, signé Ronald Neame en 1972. Et en profite, en passant, pour nous rappeler une belle évidence : qui coule à pic, boit inévitablement la tasse.
Sur une mer d’huile quelconque, les passagers d’un paquebot de luxe (tous jeunes, beaux et insouciants, il va sans dire) fêtent le nouvel an. Mais une vague tueuse de 30 mètres de haut, sortie d’on ne sait où, met le bateau cul par-dessus tête. Panique à bord, les femmes, les enfants, les pompiers-anciens maires de New York, les latinos, les gays en peine d’amour et les héros blonds d’abord.
Amenuisant au maximum toute trame narrative mais enchaînant les scènes d’action clinquantes et tape-à-l’oeil à un rythme de poulain fou, Poseidon offre alors un spectacle de la mort quasi-obscène et dérangeant. Et viens là que je t’étale les chairs calcinées ou noyées. Viens là que je te ralentisse mes images quand de pauvres ères sont submergées par les flots ou frappés par des chocs électriques.
Joués avec les pieds par une bande d’acteurs désolants (Kurt Russell, Richard Dreyfuss ou notre nouveau chouchou aux yeux bleus fluo, Josh Lucas, que l’on aura désormais le droit d’appeler Poche Lucas), des dialogues* probablement écrits par un mérou qui traînait par là comblent alors les temps morts (vite, à fond de cale, ce scénariste-là). En réalité, on pourra se dire qu’avec ce Survivor aquatique à l’héroïsme moisi, le film catastrophe n’aura jamais aussi bien porté son nom.

* L'exemple qui tue: le dialogue entre les deux pitounes de l'aventure:
"J'ai l'impression que je connais ton père?"
"Ouais, il était maire de New York"
"Ah. Cool"
"Non, pas si cool".

Ca laisse rêveur, non?

Comments:
"Poseidon Poisseux"

Les critiques semblent unanimes jusqu'à maintenant sur ce nanar annoncé.Tu viens confirmer Helen, que Wolfgang P. semble avoir bu la tasse Hollywood jusqu'à régurgitation.

Merci de m'éviter une sortie ennuyeuse,quoique ce film ne figurait pas dans mes priorités.
Mais avec cette critique assassine, je me demande même si je vais le louer un soir pluvieux de Novembre.

De quoi achever une déprime profonde mais des fois, quand on est en forme, il fait bon louer un navet pour se bidonner.Ce ne semble même pas être le cas avec ce ratage écrit "par un mérou qui passait par là".

Yvan L
 
À chaque nouveau film de Wolfgang Peterson, je me demande ce qui a bien pu arriver à celui qui a réalisé Das Boot! Ce film est tellement superbe (peu importe la version). Comment peut-on faire un si bon film en début de carrière pour ensuite sombrer à tout jamais dans la médiocrité hollywoodienne. Incompréhensible et désolant.
 
Je suis tellement d'accord. Das Boot est probablement un des meilleurs films de guerre de tous les temps, un film éternel qui n'a pas vieilli d'une seconde... c'est navrant.
 
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