samedi, mai 27, 2006

 

Lady vengeance

Lady Vengeance débarque, sans réels tambours ni trompettes. Mais les méritait-il vraiment?

Ange ou démon ?
Avec Lady Vengeance, Park Chan-Wook raffine son art mais épuise son propos.

Voilà donc le troisième volet de la trilogie de la vengeance concoctée par ce petit chéri des foules, notamment festivalières, qu’est le cinéaste sud-coréen Park Chan-Wook. Et après avoir questionné le cercle vicieux qu’elle engendre dans Sympathy for Mr. Vengeance, après en avoir observé les ravages sur l’âme humaine dans Oldboy, c’est désormais sur ses vertus rédemptrices qu’il se penche dans Lady Vengeance.
Geum-ja a passé 13 ans de sa vie en prison pour l’enlèvement et le meurtre d’un petit garçon de 5 ans. Mais elle n’a pas commis ces crimes et rumine pendant toutes ces années un plan de vengeance contre le véritable coupable. Dès sa sortie, aidée par d’anciennes co-détenues, elle se met donc à la recherche de M. Baek(Choi Min-Sik, M. Oldboy), son ancien instituteur. Mais sur le chemin, elle retrouvera également sa propre fille, adoptée par un couple australien.
Version aussi stylisée que confuse d’un Kill Bill âpre et sordide, Lady Vengeance, incarnée par le minois triste et grave de Lee Yeong-Ae, une vedette de la télé sud-coréenne, tente alors de trouver au fil de ses pérégrinations ce supplément d’âme propre à laisser fuser la réflexion. Peine perdue. Car si le sang coule dans Lady Vengeance, l’âme, elle, y sèche au vestiaire.
La faute à un scénario alambiqué, sautant du coq à l’âne, du passé au présent, d’un personnage à l’autre, sans réellement prendre le temps de tisser ses liens mais appuyant sans cesse un inutile symbolisme religieux. Un embrouillamini de scènes décousues qui fait alors passer le style racé et ambitieux de Park Chan Wook pour de la vulgaire esbroufe, mise là pour épater le chaland.
Car il faut le dire, Lady Vengeance, comme ses prédécesseurs, épate par son sens visuel. Trouvailles formelles, montage astucieux, enrobage musical envoûtant, tout respire la maîtrise et la précision d’un cinéaste en pleine possession de ses moyens. Tant de style au service d’un propos si mince, c’est presque du gâchis.

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